Une nouvelle feuille de route pour décarboner les transports européens d’ici 2040

facebooktwittergoogle_pluslinkedin

La semaine de la mobilité européenne se tient du 16 au 22 septembre, avec pour objectif de promouvoir les mobilités douces. A cette occasion, une nouvelle étude, publiée par le Climact et le NewClimate Institute et commandée par Greenpeace Belgique, propose aux décideurs politiques nationaux et européens une feuille de route pour décarboner le secteur européen des transports d’ici 2040, en l’alimentant avec des énergies renouvelables, et sans recourir aux agrocarburants. A travers un exercice de modélisation, l’analyse décrit comment l’Europe peut rapidement révolutionner le déplacement des personnes et des biens, et ainsi contribuer à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.

Un secteur aux émissions en forte hausse
Malgré ses engagements en matière de climat, l’Union européenne n’a pas réussi à réduire les émissions du secteur des transports jusqu’à présent. Alors que les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant d’autres sources ont ralenti ou diminué, les émissions provenant des transports ont continué à augmenter rapidement dans l’Union européenne, avec une hausse de 28 % en 2017 par rapport aux niveaux de 1990. Les transports sont à eux seuls responsables de 27 % de l’ensemble des émissions de GES de l’Union européenne en 2017.

Pour modifier cette trajectoire, cette feuille de route s’appuie sur des leviers à la fois technologiques et systémiques et fournit des recommandations politiques aux décideurs des institutions européennes et des gouvernements nationaux. Les éléments essentiels de la transition décrits dans la feuille de route sont :

  • l’amélioration des infrastructures pour la marche et le vélo, notamment dans les villes,
    des investissements importants et soutenus dans les trains, de jour et de nuit, et les transports publics,
  • la fin de vente des véhicules neufs alimentés aux énergies fossiles, y compris les véhicules hybrides, à horizon 2028 au plus tard, et, plus globalement, la réduction du parc de véhicules et de la dépendance à la voiture individuelle et au transport routier,
  • une réduction d’au moins un tiers du trafic aérien à l’échelle européenne d’ici 2040, et probablement beaucoup plus au vu des incertitudes sur les solutions technologiques promues et de leur état d’avancement très limité,
  • l’interdiction des vols court-courriers,
  • l’abandon des projets d’infrastructures de transport à forte intensité de carbone, tels que la construction de nouveaux aéroports ou l’extension d’aéroports existants, ou de nouvelles infrastructures routières et autoroutières.

La France sur la mauvaise voie
Côté français, le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de la transformation radicale du secteur des transports nécessaire face à la crise climatique. « Le coup d’arrêt forcé engendré par le coronavirus et le plan de relance engagé depuis auraient dû être l’occasion d’une remise en question profonde du secteur des transports, souligne Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports chez Greenpeace France. Le gouvernement français fait tout le contraire et a choisi d’injecter des milliards d’euros d’argent public dans les secteurs polluants, comme l’aviation ou l’industrie automobile, sans aucune contrepartie sociale ni environnementale solide ».

Le gouvernement s’illustre tristement par sa volonté d’amoindrir les propositions de la Convention citoyenne pour le climat sur l’aérien, laissant libre cours au lobby de l’aviation pour démonter les propositions des 150 citoyens. En fin de semaine dernière, des premiers éléments d’étude d’impact « à charge » ont été rendus publics en amont d’une réunion de concertation prévue sur le sujet. Greenpeace a donc refusé de participer à cette réunion qui a été finalement reportée à ce mercredi. « Concernant la décarbonation urgente et nécessaire des transports en Europe, la France met pour l’instant sa participation au point mort. Sur l’aviation notamment, la politique des petits pas sur la limitation des vols courts, le refus de s’engager sur l’abandon des projets d’extension d’aéroports, la volonté assumée de renouer avec la croissance du trafic aérien en misant sur des solutions technologiques hypothétiques et forcément insuffisantes, sont extrêmement préoccupants et nous ne nous en contenterons pas », conclut Sarah Fayolle.