COVID-19 « La situation va être critique pour les personnes vulnérables qui vivent dans les pays pauvres »

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Le 23 mars, le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres appelait à un cessez-le-feu immédiat partout dans le monde faisant suite à un cri d’alarme face à la progression de l’épidémie dans les pays les plus pauvres. Dans ces pays démunis de systèmes de santé et éprouvés par des crises humanitaires, l’épidémie pourrait faire des milliers de morts. A l’heure qu’il est, elle se répand très vite dans l’ensemble des pays où Handicap International intervient. L’ONG travaille aujourd’hui à adapter ses opérations pour continuer à répondre à sa mission tout en préservant ses équipes. L’association qui a déjà opéré dans d’importantes crises sanitaires telles qu’Ebola s’inquiète particulièrement du sort des personnes handicapées et vulnérables.

Une épidémie qui pourrait faire des milliers de morts dans les pays les plus pauvres

« Si nous laissons le virus se répandre comme un incendie – notamment dans les régions les plus vulnérables dans le monde – cela tuerait des millions de gens ». Le 19 mars, c’est par ces mots qu’Antonio Guterres a appelé à une solidarité mondiale pour faire face à l’épidémie de Coronavirus. Alors que le virus touche actuellement durement l’Europe, sa propagation dans les pays les plus pauvres pourraient faire des milliers de morts. L’Egypte, l’Inde, l’Irak, les Philippines, commencent à recenser de nombreux patients alors que des cas sont apparus au Kenya, en République démocratique du Congo, en Ethiopie, etc…. Dans ces pays, ou la faiblesse des systèmes de santé allié à des crises humanitaires fragilisent les populations, Handicap International s’inquiète des ravages que pourrait faire l’épidémie. Alors qu’en moyenne, 15 à 20% des patients doivent être hospitalisés (dont 6% nécessitent des soins intensifs), les systèmes santé de ces pays, seuls, ne pourront faire face à la crise.

« Il faut s’attendre à un « tsunami sanitaire » d’une intensité jamais connue » « Les populations que nous accompagnons auront de grandes difficultés à se protéger. prévient Xavier du Crest, Directeur de Handicap International France. « Parallèlement, les systèmes de santé risquent d’être dépassés.»

Handicap International adapte ses actions

Aujourd’hui, face à la crise actuelle, inédite, l’association étudie les meilleures modalités d’intervention et l’adaptation des moyens nécessaires pour les mettre en œuvre. Plus que jamais, l’objectif est d’assurer la continuité des programmes auprès de ceux qui en ont le plus besoin en veillant à ne pas exposer les équipes.

Handicap International, s’inquiète particulièrement pour les personnes handicapées et vulnérables qu’elle accompagne. En situation de crise, ces populations sont souvent privées d’accès aux informations et oubliées des mesures traditionnellement mises en place pour aider les populations en temps de crise. Autre sujet de préoccupation, le manque d’accès aux soins dont elles ont besoin en temps « normal ».

Soutenir l’effort mondial contre l’épidémie en mettant à profit une expertise dans la gestion de crises sanitaire (Ebola…)

Handicap International se prépare aujourd’hui à adapter ses modalités d’intervention sur le terrain. L’ONG est intervenue à plusieurs reprises lors de grandes épidémies, telles qu’Ebola, pour éviter leur propagation et protéger les populations.

En 2016, en Sierra Leone, elle était intervenue pour coordonner le service d’ambulances centralisé du pays, assurant le transport des patients soupçonnés d’être atteints et la désinfection de leurs logements contaminés. A travers des actions de mobilisation sociale et de sensibilisation, HI a également participé à la prévention des épidémies de choléra en Haïti après le séisme de janvier 2010 et au Pakistan après les terribles inondations en 2010. Dans ces deux cas, les séances d’information aux populations vulnérables se sont révélées essentielles.

Aujourd’hui, face à la crise actuelle, inédite, l’association étudie ses modalités d’intervention, en lien avec les autorités nationales des pays concernés et tous les acteurs de la réponse à la pandémie.