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Rapport de RTE sur le mix électrique : réaction de Greenpeace France

Le gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité (RTE) a rendu public ce matin son bilan prévisionnel « Futurs énergétiques 2050 » portant sur les différentes options qui s’offrent à la France pour faire évoluer son mix électrique dans la perspective d’atteindre la neutralité carbone en 2050.
Très attendu, ce rapport présente plusieurs scénarios visant à éclairer les décisions politiques, dont trois qui démontrent que le 100% renouvelable est possible.
Pour Greenpeace France, cela prouve non seulement que le nucléaire n’est pas un mal nécessaire, mais aussi que, quelle que soit l’option retenue, les énergies renouvelables devront être développées massivement pour répondre à l’urgence climatique.

Aujourd’hui, le seul EPR français coûte au minimum 19 milliards d’euros et son temps de construction est d’au moins 15 ans : d’énormes incertitudes demeurent donc sur la faisabilité industrielle de construction de nouveaux EPR ainsi que sur le coût et le financement du nucléaire. Le choix du nucléaire ne s’impose ni par son coût ni par sa fiabilité : c’est bien d’un choix de société qu’il s’agit, auquel les citoyennes et les citoyens doivent prendre part.

Un débat démocratique essentiel

Greenpeace France réclame un véritable débat démocratique sur ce choix de société, qui replace enfin les citoyens et citoyennes au centre des décisions politiques concernant la transition énergétique.

« Il n’est plus possible que la transition énergétique se décide en petit comité entre Bercy, l’Elysée et les géants du nucléaire. Les citoyens et citoyennes doivent devenir de véritables acteurs de la transition énergétique, ils ne sont pas des pions à qui on impose des décisions », commente Nicolas Nace, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace France.

La transition doit se recentrer sur une approche à la fois pragmatique et démocratique. Le fiasco international de l’EPR a montré que le nucléaire n’est pas une solution fiable pour la transition énergétique ou la lutte contre le changement climatique. Par ailleurs, les énergies renouvelables offrent la possibilité d’impliquer les citoyens et citoyennes.

Des coûts aux ordres de grandeur comparables

RTE a privilégié un financement des nouvelles centrales nucléaires porté à bout de bras par l’Etat : il devra prendre les risques financiers et bénéficier d’un contexte législatif européen favorable. En prenant en compte l’incertitude liée à ces hypothèses, les différents scénarios relèvent des mêmes ordres de grandeur en termes de coûts : il n’y a pas véritablement d’avantage économique du nucléaire.

Par ailleurs, le scénario le moins cher développé par RTE implique la construction de 14 EPR, une impossibilité industrielle car elle implique le démarrage de deux EPR tous les 5 ans. « A l’heure où on se demande si l’industrie nucléaire est encore capable de construire un seul réacteur, parier sur 14 EPR reviendrait à condamner la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques au même fiasco que l’EPR de Flamanville », constate Nicolas Nace.

« Miser sur un scénario 100% renouvelable et sobre pour les décennies à venir est un choix raisonnable et bénéfique pour l’intérêt général. De fait, cela permettrait à la fois de rompre avec l’opacité, le centralisme et les risques inhérents au nucléaire, mais de limiter les coûts de l’électricité avec une politique de sobriété ambitieuse. Dans une période où nos sociétés sont menacées par de multiples crises – de l’urgence climatique à la hausse des tarifs de l’énergie -, sur une planète aux ressources finies, nous n’avons d’autre choix que d’investir massivement dans les énergies renouvelables et d’adopter une trajectoire de sobriété », conclut Nicolas Nace.