Palmarès des banques françaises 2014


Tarifs et sécurité, « SEPA » le Pérou !

Alors que 70% des banques mettent en place en janvier leurs nouveaux tarifs bancaires, et que toutes  étaient sensées informer leurs clients de la réforme européenne sur les prélèvements (Règlement SEPA), l’UFC-Que Choisir publie ce jour les regrettables résultats de son analyse des tarifs bancaires 2014 et de son enquête exclusive sur les prélèvements SEPA. Sur cette base, l’UFC-Que Choisir met en libre accès à disposition des consommateurs des outils pratiques et demande aux autorités d’intervenir pour garantir (enfin !) concurrence et sécurité dans le secteur bancaire.

Tarifs bancaires : les frais manquent toujours de tenue…
Malgré les avancées de la loi bancaire de juillet 2013 (plafonnement des commissions d’intervention, information préalable des frais d’incidents, etc, obtenues à la demande de l’UFC-Que Choisir), l’inflation des tarifs bancaires se poursuit : sur les 10 services les plus fréquents(1) , 7 sont en hausse depuis notre dernière enquête d’octobre 2010, dont 4 supérieure à l’inflation générale sur la même période. La hausse est parfaitement intolérable sur certains services très diffusés : sur les frais de tenue de compte (+99% en 4 ans !) dont l’inflation injustifiée ne s’explique que par la volonté de compenser discrètement quelques moindres hausses de tarifs, et sur les retraits « déplacés » d’espèces au distributeur (+68%) alors que leur prix aurait dû baisser suite à l’accord obtenu par l’Autorité de la Concurrence avec les banques en 2011. Dans le même esprit, la baisse de 1,1% des tarifs de l’assurance moyens de paiement ne saurait être saluée en raison de la perte de la quasi-totale d’intérêt de cette assurance depuis 2009.

Palmarès : le grand écart tarifaire !
Force est de constater le grand écart tarifaire pour un même profil : de 0€ à 230€ si l’on fait la somme, pour chaque banque, des opérations les plus fréquentes. Les banques en ligne trustent les premières places du podium des banques les moins chères…sous réserve néanmoins de pouvoir y domicilier les revenus exigés  pour bénéficier de ces tarifs. La présence régulière des « assurbanquiers » (banques créées par des compagnies d’assurance) dans notre palmarès démontrent par ailleurs que ceux-ci sont également des concurrents compétitifs des banques. Mais attention, en fonction du profil des consommateurs (jeune, actif, séniors boursicoteurs, etc.), le classement peut significativement varier. D’où l’importance de bien comparer les établissements bancaires au vu de ses besoins.

SEPA : attention, danger !
Plus grave encore, l’entrée en vigueur du Règlement SEPA, initialement prévue au 1er février 2014 et tout récemment reportée au 1er août, va poser de sérieux problèmes sécuritaires et tarifaires pour les consommateurs. Pour limiter l’envolée des fraudes, rendue possible du fait de l’absence de contrôle des banques sur les prélèvements, le Règlement prévoit des procédures de sécurité (« listes noires», « listes blanches »(2) , etc.) destinées aux clients et sur lesquelles les banques ont obligation de communiquer. Or, sur les 331 agences visitées par nos enquêteurs sur 40 départements(3) , seulement 2,6% affichaient des informations sur le SEPA, et 8% mettaient des brochures sur ce sujet en libre-service. Sur internet, seuls 25,6% des sites bancaires mentionnent le SEPA pour les particuliers, et 3% évoquent le sujet capital des « listes noires » et « listes blanches » ! Dans les brochures tarifaires, cette absence est tout aussi criante : 2 banques sur 129 mentionnent l’existence de ces listes !
L’inertie des banques sur l’information de leurs clients n’a d’égal que leur empressement à profiter du SEPA pour faire « d’une pierre deux coups » sur les tarifs : alors que 17 banques ont déjà mis en place des nouvelles facturations liées au SEPA, les banques qui facturaient les « mises en place d’un prélèvement » (8,3€ en moyenne) et les « révocations d’un prélèvement » (13,8€ en moyenne) continuent à les facturer…même si elles ne vont plus gérer les mandats de prélèvement ! De plus, la conversion au SEPA des prélèvements actuels risque d’entraîner des frais de « mise en place» de la part des banques qui les facturent…

Au vu de ces éléments, et soucieuse de créer un véritable environnement de concurrence dans la banque et de sécurité pour les consommateurs, l’UFC-Que Choisir :

  • Demande aux pouvoirs publics d’assurer la gratuité pour les consommateurs de la mise en place des mécanismes de sécurisation des comptes prévus par le règlement SEPA et d’avancer vers la mise en place de la portabilité bancaire pour stimuler la concurrence.
  • Saisit l’ACP pour qu’elle contrôle et sanctionne le non-respect par les banques de la règlementation relative au SEPA.

Téléchargez l’étude et les propositions de l’UFC-Que Choisir sur les tarifs bancaires et le règlement SEPA en cliquant ici.

(1) Abonnement internet, carte classique à débit immédiat, carte classique à débit différé, carte à autorisation systématique, retraits « déplacés », virement en agence, mise en place de prélèvement, commission d’intervention, AMP, tenue de compte
(2) « Liste noire » : liste où le client mentionne les prélèvements dont le banquier doit empêcher le passage sur son compte. « Liste blanche » : liste où le client mentionne les seuls prélèvements que le banquier doit laisser passer sur le compte.
(3) 331 agences de 40 départements, visitées entre le 20 décembre 2013 et le 10 janvier 2014


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