Le CIO dévoile les détails de son projet de ‘forêt olympique’

Le Comité International Olympique (CIO) a exposé aujourd’hui les détails de son projet de « forêt olympique » au Mali et au Sénégal, forêt qu’il s’est engagé à planter dans le cadre de sa stratégie visant à devenir une organisation à contribution positive pour le climat.

Ce projet fera partie de la Grande Muraille verte, une initiative qui a pour ambition de restaurer les écosystèmes dégradés dans la région du Sahel en Afrique. Quelque 355 000 arbres indigènes seront ainsi plantés dans près de 90 villages du Mali et du Sénégal – hôte des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 – sur une superficie totale de 2 120 hectares environ.

Outre les arbres qui seront plantés, la forêt olympique améliorera la sécurité alimentaire et économique des communautés locales. Le CIO travaillera main dans la main avec ces communautés afin que la forêt olympique apporte de nombreux bienfaits sur les plans social, économique et environnemental dans une région où la sécheresse et les inondations sont en hausse, entraînant ainsi une dégradation constante des terres et des cultures.

Conformément à l’Accord de Paris, le CIO s’est engagé à réduire ses émissions de carbone de 30 % d’ici 2024 et de 45 % d’ici 2030. En compensant plus de 100 % des émissions résiduelles du CIO, la forêt olympique aidera l’institution à avoir un impact positif sur le climat d’ici 2024. Cette forêt devrait absorber 200 000 tonnes d’équivalent CO2 (t CO2e), ce qui est supérieur aux émissions projetées du CIO pour la période 2021-2024 et équivaut aux émissions de quelque 32 000 vols Genève-Tokyo aller-retour.

« La lutte contre le changement climatique est l’une des principales priorités que s’est fixées le CIO et nous nous sommes pleinement engagés à réduire nos émissions conformément à l’Accord de Paris », a déclaré le président du CIO, Thomas Bach. « La forêt olympique aidera les communautés maliennes et sénégalaises en renforçant leur résilience face aux effets du changement climatique, en améliorant leur sécurité alimentaire et en multipliant leurs sources de revenus ; elle aidera également le CIO à devenir une organisation à contribution positive pour le climat d’ici 2024. Le Mouvement olympique a pour ambition de bâtir un monde meilleur par le sport ; la forêt olympique est une parfaite illustration de cette aspiration. »

Le membre du CIO Mamadou Diagna Ndiaye, président du comité d’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, a pour sa part confié : « Avec Dakar 2026, notre ambition est d’aller au-delà du sport et d’utiliser les Jeux comme un outil pour sensibiliser les jeunes, ainsi que les diverses parties prenantes, aux enjeux actuels de la durabilité et à la façon dont nous pouvons les aider à les relever. Cette approche s’inscrit en droite ligne des priorités que s’est fixées notre pays et elle est consignée dans le plan d’édition de Dakar 2026. La forêt olympique montre la voie à suivre. »

En contribuant à la restauration des sols dégradés, la forêt olympique améliorera la sécurité alimentaire et économique des communautés locales et les aidera à faire face aux effets du changement climatique. Elle renforcera la biodiversité au niveau local, encouragera des pratiques agricoles durables, comme l’agroforesterie, et permettra l’utilisation commerciale de produits non ligneux tels que les noix, les fruits ou les fibres.

Pour donner vie à cette forêt olympique, le CIO coopérera avec TreeAid, une organisation à but non lucratif qui travaille depuis plus de 30 ans aux côtés des populations des zones arides d’Afrique pour lutter contre la pauvreté et les effets de la crise climatique en aidant à la reforestation et en restaurant et protégeant les terres.

La phase initiale du projet nécessitera de s’engager auprès des communautés locales pour analyser leurs besoins, de recenser les zones concernées, d’établir un plan de suivi et d’évaluation et de cultiver des pépinières. Les travaux de plantation des diverses essences indigènes sont quant à eux prévus pour les deuxième et troisième trimestres 2022.

La date choisie pour le lancement du projet, à savoir le 17 juin, correspond à la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Cette initiative s’inscrit également dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes qui vient de débuter et dont la Grande Muraille verte est l’un des projets phares.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) apportent des conseils techniques dans le cadre de ce projet.

« La forêt olympique servira le projet de Grande Muraille verte en Afrique ; elle montrera comment la préservation et la restauration des ressources naturelles peuvent permettre de lutter contre le changement climatique tout en créant des moyens de subsistance durables », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. Et de poursuivre : « À travers cette initiative, le CIO fait preuve de leadership climatique au sein du mouvement sportif et au-delà ; il rappelle que nous avons tous un rôle à jouer si nous voulons préserver la planète pour les générations à venir. »

Les économies de carbone réalisées grâce à la forêt olympique seront certifiées de manière indépendante selon la norme Plan Vivo. Cette norme soutient les communautés et les petits exploitants qui subissent de plein fouet la crise climatique ; elle apporte également des avantages socio-économiques aux communautés locales et a des effets positifs sur l’environnement en contribuant notamment à la restauration des écosystèmes dégradés.

Le CIO envisage d’ouvrir à l’avenir ce projet, d’une durée initiale de quatre ans, à d’autres organisations membres du Mouvement olympique afin qu’elles puissent elles aussi contribuer au développement de la forêt olympique.

Ainsi que l’a déclaré Tom Skirrow, PDG de TreeAid : « Notre organisation est honorée de collaborer avec le CIO au lancement de cette nouvelle initiative ambitieuse et passionnante. Alors que s’ouvre la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, la réussite de la Grande Muraille verte est plus importante que jamais pour garantir l’avenir de la région et des personnes qui y vivent. La forêt olympique montre ce qu’il est possible de faire lorsque nous travaillons tous ensemble. »

Outre les efforts qu’il déploie pour devenir une organisation à contribution positive pour le climat, le CIO a annoncé en mars 2020 que toutes les éditions des Jeux Olympiques devraient afficher, à compter de 2030, un bilan carbone négatif, à savoir éliminer de l’atmosphère plus de carbone qu’elles n’en émettent. Dans l’intervalle, les villes hôtes, dont Tokyo 2020 et Beijing 2022, se sont engagées à organiser des Jeux neutres en carbone, tandis que Paris 2024 a récemment annoncé son ambition d’organiser les premiers Jeux qui auront un impact positif sur le climat.

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