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Baromètre Paris Workplace 2017 SFL – Ifop – Travaille-t-on (vraiment) mieux dans la French Tech ?



La French Tech et ses bureaux sont l’objet de toutes les attentions. Mais y travaille-t-on vraiment mieux qu’ailleurs ? L’édition 2017 du baromètre Paris Workplace SFL-Ifop a voulu, pour la première fois, objectiver la question en mesurant le niveau de satisfaction réel, les attentes et les usages des salariés de la Tech vis-à-vis de leur lieu de travail.

Pour ce faire, l’Ifop a réalisé pour SFL une étude inédite par son ampleur et son périmètre : 90 questions, posées d’un côté à 1755 salariés représentatifs de la population active parisienne, de l’autre à 909 salariés issus de dix entreprises de la Tech française (soit 2 700 personnes) : 1000mercis, Alchimie, Criteo, Devialet, Drivy, GuestToGuest, ManoMano, Meetic, MonDocteur, Younited Credit. Des entreprises sélectionnées pour obtenir un panel de sociétés technologiques le plus divers possible en termes de maturité de développement, d’effectif (de 30 à plus de 2 500 salariés) et de secteurs d’activité.

1. Bien-être au bureau : la French Tech affole les compteurs

Les salariés de la Tech évaluent en moyenne leur bien-être au travail à 7,97 / 10, contre 6,50 / 10 pour la population générale. C’est la note la plus élevée, toutes catégories de salariés confondues, depuis la création du baromètre Paris Workplace en 2014. Ils se disent également moins sujets au stress, seuls 25 % s’estimant « souvent stressés », contre 38 % pour les autres salariés. Le lieu de travail contribue fortement à ce sentiment de bien-être. 88 % des salariés de la French Tech se disent satisfaits de leurs bureaux, contre 72 % pour la population générale. Les « très satisfaits » sont aussi les plus heureux au travail : ils affichent une note de bien-être de 8,8 / 10.

Les temps changent. La rémunération, la fonction et les perspectives ne sont plus les seuls critères au moment de choisir un emploi. Une majorité de salariés de la French Tech affirme ainsi que les bureaux ont été « un élément important dans le choix de rejoindre leur entreprise » (56 %, soit presque deux fois plus que dans la population générale où le résultat est de 30 %). Ils sont aussi beaucoup plus nombreux à juger que leurs bureaux ont un impact positif sur la réputation de l’entreprise et leur capacité à recruter de nouveaux talents (84 % contre 58 %).

86 % estiment que leurs bureaux sont une « source de fierté » (versus 54 % pour la population générale), signe que le lieu de travail est un élément de valorisation personnelle forte.

Ces salariés de la Tech, jeunes pour la plupart – 31 ans de moyenne d’âge – veulent travailler près de chez eux. Ingrédient essentiel du bien-être au travail, le temps de trajet domicile-travail s’élève en moyenne à 37 minutes dans la Tech, contre 48 minutes pour la population générale des salariés.

Cela représente un gain substantiel de 22 minutes par jour, qui contribue à leur sentiment de bien-être, mais aussi à la performance de l’entreprise. Car le temps économisé dans les transports est en partie réinvesti sur le lieu de travail : les salariés Tech ayant moins de 40 minutes de trajet passent chaque jour 15 minutes au bureau de plus que leurs collègues. Sur une année, c’est l’équivalent d’une semaine de travail en plus.

2. Dans la Tech, les bureaux ne sont pas conçus pour travailler… mais pour travailler ensemble

La French Tech a tué les bureaux fermés. Seulement 1 % des salariés occupent un bureau individuel fermé, 86 % travaillant en open space. Et les dirigeants montrent l’exemple, puisque les deux tiers occupent un open space (contre 14 % seulement des dirigeants dans la population générale).

Personne ne s’en plaint, puisque le niveau de bien-être des salariés Tech en open space (8 /10) est supérieur à celui de leurs collègues en bureau fermé (7,6 /10). On observe le phénomène inverse dans la population générale : les salariés se disent plus heureux en bureau fermé (bien-être de 6,9 /10) qu’en bureau ouvert (6,4 /10).

Cette préférence pour les bureaux partagés ne prémunit pas les salariés de la Tech des désagréments liés à ce type d’espace : plus de 80 % d’entre eux se plaignent d’être dérangés par le bruit. Mais la French Tech a – pour partie – trouvé la parade, puisqu’elle propose des espaces où il est possible de s’isoler et de se concentrer sans être dérangé (espaces « zen », salles de silence, bulles pour téléphoner…).

Les salariés de la French Tech ont un rapport nouveau à l’espace. S’ils étaient « obligés de choisir », ils préfèreraient à 61 % disposer de plus d’espaces collectifs et moins d’espace pour leur poste de travail personnel. Dans la population générale, c’est exactement le contraire : à choisir, les salariés opteraient à 67 % pour davantage d’espace personnel.

Si les collaborateurs de la Tech sont plus facilement prêts à sacrifier leur espace personnel, c’est qu’ils travaillent souvent en équipe, 68 % le font même « très souvent » (39 % dans la population générale). Le travail collectif est même considéré comme « la principale raison de se rendre au bureau ».

Les salariés de la Tech s’approprient les espaces pour en faire un usage différent de leur fonction initiale : une majorité d’entre eux affirme d’ailleurs travailler à deux endroits ou plus au cours d’une journée type (seulement 34 % dans la population générale). Parfaite illustration de ces nouveaux usages : les espaces extérieurs. Sur les 10 sociétés du panel, 8 comptent des terrasses et/ou des cours intérieures ouvertes à tous les salariés, conçues pour faire une pause et se retrouver, mais qui offrent aussi la possibilité de travailler de manière informelle. De même les espaces de restauration (cafétérias et cuisines) sont équipés pour permettre aux salariés d’y phosphorer à toute heure et sont parfois placés au cœur des bureaux.

Les intérêts de la French Tech sont alignés avec ceux de ses salariés : le collaboratif, promu par l’entreprise pour stimuler l’efficacité opérationnelle et l’innovation, impacte aussi, de manière mesurable, le bien-être des salariés. On constate une stricte corrélation entre la fréquence du travail en équipe et le niveau de bien-être. Ceux qui travaillent « très souvent » en équipe affichent ainsi une note de bien-être de 8,11 / 10, contre 6,1/ 10 pour ceux qui le font « rarement ».

3. Les bureaux de la French Tech, lieux de vie sociale et creuset de la culture d’entreprise

La croissance ultra rapide des entreprises technologiques exige de fédérer les équipes autour d’une identité et d’un projet communs. Le bureau en est l’instrument : il devient une « place de village », lieu de vie sociale et de construction de l’identité collective.

Les salariés de la Tech considèrent quasi unanimement que leur société possède une culture d’entreprise (88%, contre 58 % pour la population générale), et ils jugent dans les mêmes proportions que leurs bureaux « reflètent bien cette culture ». Selon eux, le top-5 des valeurs qui définissent le mieux leur entreprise, sont dans l’ordre : innovation, performance, esprit d’équipe, convivialité et fun. Des valeurs « chaudes » qui se reflètent aussi dans l’ambiance entre collègues : 85 % des salariés de la Tech affirment qu’ils rient « souvent » sur leur lieu de travail (contre 63 % pour la population générale).

Ils ont un rapport très singulier au lieu de travail : 82 % d’entre eux jugent que leur bureau est « un lieu de vie où ils aiment passer du temps ». Une réponse à l’opposé de celle des salariés de la population générale, qui jugent majoritairement, à 57 %, que le bureau est « un lieu de travail où il s’agit de passer le moins de temps possible ».

Ce « lieu de vie » est supposé pouvoir accueillir les activités les plus diverses – une majorité de salariés de la French Tech affirme qu’à choisir, ils préfèrent pouvoir se restaurer, se détendre, et même faire la sieste dans l’enceinte de leurs locaux plutôt qu’à l’extérieur du bureau.