La Ligue arabe vote la suspension de la Syrie, ce qui doit inciter le Conseil de sécurité à prendre des mesures


La décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie doit inciter le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre des mesures, a déclaré Amnesty International samedi 12 novembre.

Lors d’une réunion d’urgence le 12 novembre au Caire, 18 des 22 États membres de l’organisation régionale ont voté en faveur de la suspension de la Syrie, suspension qui entrera en vigueur le 16 novembre si le gouvernement s’entête à bafouer les termes du plan d’action de la Ligue arabe.

« Au travers de cette décision, la Ligue arabe fait clairement savoir que les atteintes flagrantes aux droits humains qui continuent d’être perpétrées contre les manifestants majoritairement pacifiques en Syrie doivent cesser, a indiqué Philip Luther, directeur adjoint d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« La Ligue arabe a pris une mesure décisive ; il est temps désormais que le Conseil de sécurité assume lui aussi ses responsabilités et propose une réponse internationale efficace à la crise des droits humains que traverse la Syrie.

« La question est de savoir si les pays qui bloquent toute action internationale en Syrie – plus particulièrement la Russie et la Chine – reconnaîtront leur isolement grandissant dans le soutien qu’ils apportent à un régime syrien qui, selon Amnesty International, se rend responsable de crimes contre l’humanité. »

Amnesty International a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir le procureur de la Cour pénale internationale du dossier syrien, d’imposer un embargo sur les armes et de geler les avoirs à l’étranger du président Bachar el Assad et de ses collaborateurs.

Le 5 octobre, la Russie et la Chine ont usé de leur droit de veto pour faire barrage à l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité, qui condamnait la répression syrienne ciblant les manifestants et laissait la porte ouverte à d’éventuelles sanctions.

Plus de 100 personnes auraient été tuées depuis que la Syrie a annoncé la semaine dernière qu’elle allait mettre en œuvre le plan d’action qu’elle a signé avec la Ligue arabe le 30 octobre. Pour la plupart, il semble que ces victimes étaient des manifestants non armés et des passants, abattus par les forces de sécurité et l’armée.

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