EVENEMENT : PARIS BRÛLE-T-IL? EN DVD LE 24 AOÛT

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Le 24 août 2011 sortira pour la première fois en DVD le célèbre film historique franco-américain adapté du livre homonyme de Larry Collins et Dominique Lapierre : PARIS BRÛLE-T-IL ? (avec bonus inédits).

Ouverture

Fin de l’été 1944. Une chaleur de plomb règne sur Paris. Le crépuscule de la guerre se dessine, mais que le chemin reste long avant la paix ! Hitler, dont la folie meurtrière a été décuplée après une tentative ratée d’assassinat contre sa personne, a juré qu’il ne perdrait pas Paris. Il fait promettre au général Von Choltitz, un homme de confiance, de rayer de la carte la Ville lumière au moindre signe de faiblesse. Mais à Paris, le colonel Rol-Tanguy, un FFI, et Jacques Chaban-Delmas, envoyés par de Gaulle, organisent l’insurrection de la ville. La population se retrouve face à 20 000 soldats allemands alors que les alliés s’approchent de la capitale… Le destin de la France et de Paris va changer entre le 19 et le 25 août 1944. Cependant, malgré les ordres du Führer, Choltitz ne se résoudra pas, comme il l’a fait à Rotterdam ou Sébastopol, à incendier la ville. De son QG berlinois, Hitler pourra alors s’étrangler en se demandant : « Paris brûle-t-il ? »

Une aventure cinématographique rare

À sa sortie en 1964, le livre “Paris brûle-t-il ?” de Dominique Lapierre et Larry Collins devient immédiatement un best-seller autant qu’un ouvrage de référence. Le producteur franco-allemand Paul Graetz réussit à en acquérir les droits peu de temps après sa sortie, devançant Daryl Zanuck qui avait la même idée. Celui-ci a terminé deux ans auparavant Le Jour le plus long, qui a connu un triomphe en salles (plus de 11 millions d’entrées en 1962 et un succès mondial). Il sent qu’avec “Paris brûle-t-il?”, il pourra faire plus grand, plus émouvant. Il réunit un budget énorme (le plus gros jamais mobilisé pour une production d’essence européenne) et obtient l’accord de trente-trois stars. Il place aux commandes du projet René Clément, un des réalisateurs français les plus connus dans le monde à l’époque. Ils ont déjà travaillé ensemble avec succès sur Monsieur Ripois en 1954. Avec La Bataille du rail, en 1946, le réalisateur a prouvé son savoir-faire pour mener à bien un film d’action historique. Avec le triomphe de Jeux interdits, Clément a aussi montré qu’il savait émouvoir les foules. Il n’est pas très bien vu par les figures de la Nouvelle Vague. Qu’importe ! Son nom est gage de qualité. Il choisira un style documentaire, en noir et blanc, où l’émotion n’est jamais absente.

En récompense de ces efforts, “Paris brûle-t-il ?” sera un triomphe français et international. Le film a été nominé ensuite aux Oscars® 1966 dans les catégories meilleure direction artistique (Pierre Guffroy), meilleurs décors (Willy Holt) et meilleure photographie (Marcel Grignon). Quant à Maurice Jarre, il a été cité pour sa composition musicale lors des “Golden Globes” la même année.

Un feu d’artifices de pointures

Un best-seller imaginé par Dominique Lapierre et Larry Collins.

Leurs noms sont devenus si indissociables qu’on les a vite appelés Lapierre et Collins. Comme Lagarde et Michard ! En 1964, le duo franco-américain sort en librairie “Paris brûle-t-il ?”, un livre qui leur a demandé trois ans de travail et pour lequel ils ont rencontré 300 témoins. Ils dépouilleront même quelques 2 millions de fiches de prisonniers allemands ! Avec “Paris brûle-t-il ?”, ils proposent, 20 ans après la Libération, un fantastique témoignage historique. Le livre se vendra à 20 millions d’exemplaires et fera l’objet de trente traductions.

Un scénario définitif cosigné par Francis Ford Coppola et Gore Vidal

Une fois le projet lancé, trois scénaristes français, et non des moindres, sont engagés. Claude Brulé (Les Liaisons dangereuses avec Roger Vadim), Jean Aurenche (Hôtel du Nord de Marcel Carné, En cas de malheur de Claude Autant-Lara), et Pierre Bost (La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara) sont mis à contribution. Ces deux derniers ont déjà collaboré avec Clément. Mais la richesse de la matière, la variété des personnages deviennent vite un casse-tête. Un duo américain sera alors appelé à la rescousse.

Il s’agira bientôt de Francis-Ford Coppola, qui n’est pas encore le grand cinéaste qu’il est devenu aujourd’hui, et de l’écrivain Gore Vidal, une des plus belles, mais aussi une des plus acides plumes de la littérature américaine. Le duo écrira en parfaite harmonie et certains voient même dans le travail effectué par Coppola les prémices du grand film de guerre qu’il réalisera plus tard : Apocalyse Now…

Ils respecteront fidèlement la structure du livre, construit comme un puzzle, ou grande et petite histoire s’entremêlent pour une fresque humaine vibrante transcendée par un travail minutieux de reconstitution.

Trente stars françaises et américaines au générique

Les producteurs voulaient frapper les esprits. Ils vont réussir. La question est de savoir quelle grande star française ou américaine n’est pas au générique !

Côté français, on retrouve Alain Delon (qui incarne Jacques Chaban-Delmas, très heureux d’être magnifié par la star) Jean-Paul Belmondo, Yves Montand, Michel Piccoli, Claude Rich, Daniel Gelin, Bruno Cremer, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret, Romy Schneider, les français d’Hollywood comme Charles Boyer et Leslie Caron.

Côté américain, on trouve Kirk Douglas, Glenn Ford, George Chakiris, Anthony Perkins, Robert Stack (la série Les Incorruptibles) et Orson Welles dans le rôle du Suédois francophile Raoul Nordling.

Et en prime, un ex-méchant de James Bond, ex-Harry Goldfinger, Gert Froebe dans le rôle capital de Choltitz.

Une musique composée par Maurice Jarre

Dans les années 60, le compositeur français devient une star mondiale avec la musique de Lawrence d’Arabie. Avec le parolier Maurice Vidalin, il compose la chanson “Paris en colère” qu’interprétera Mireille Mathieu, ici digne héritière de la Môme Piaf. Le titre fera le tour du monde.

Les surprises du générique

Benoît Jacquot y fait ses débuts d’assistant réalisateur. Il est devenu un des plus grands représentants du cinéma d’auteur français, signant de très nombreux films avec Isabelle Huppert comme Villa Amalia ou Pas de scandale.

Dans la pléiade d’acteurs, on croise même des petits appelés à devenir grands, comme Michel Fugain, Michel Sardou et Patrick Dewaere…

Un film de guerre, mais aussi un geste politique

En 1966, le contexte franco-américain est assez particulier. Le général de Gaulle, qui veut faire entendre la voix de la France, a multiplié les gestes qui irritent les Américains, néanmoins ses alliés. Après avoir fait fermé les bases de l’OTAN en France, il reconnaît la Chine Populaire, critique la politique américaine en Asie, apporte son soutien aux non-alignés dans un monde alors marqué par la division Est-Ouest.

Cette production franco-américaine va être l’occasion de sceller à nouveau la force de l’amitié entre les deux pays. Ce que de Gaulle comprendra très bien et le gouvernement français soutiendra avec une force sans faille l’équipe de tournage. Il est vrai aussi que le Général a connu une réélection difficile en 1965 et que la droite s’est quelque peu déchirée avec la présence de Jean Lecanuet au premier tour. Rappeler les mérites et les actes de bravoure de quelques ténors gaullistes sera du meilleur effet. Le parti communiste, dont l’action est célébrée dans le film, verra lui aussi le film d’un très bon œil. On ne sera pas surpris d’apprendre que “Paris brûle-t-il ?” sera projeté dans tous les pays de l’Est et fera l’objet d’une sortie grandiose en Russie.

Pour réaliser cette adaptation du roman homonyme de Larry Collins et Dominique Lapierre, René Clément et son équipe ont bénéficié du soutien du gouvernement français. Ils ont ainsi eu la possibilité de filmer la capitale déserte, mais devaient néanmoins, pour cela, commencer à tourner tous les jours dès 5 heures du matin.

Et présent dans toutes les pensées, on ne voit jamais le général de Gaulle, hormis dans les images d’archives…

Un tournage épique

Les premières prises de vues ont lieu le 15 août 1965 à l’aube devant le tombeau des Invalides. Pendant tout un été, la ville de Paris sera vidée et transformée. On maquille ainsi la place de la Concorde, on peint en bleu les lampadaires pour assombrir la lumière.

André Malraux, qui a décidé quelques mois auparavant une vaste entreprise de rénovation des façades parisiennes, doit y mettre un terme afin que les bâtiments retrouvent leur noirceur de l’époque. Une centaine seront recouverts de suie ! Il faut tout masquer : publicités, panneaux de signalisation, antennes de télévision, échafaudages…

Pendant le tournage, on découvre devant le parvis de Notre Dame des vestiges mérovingiens. Il faut arrêter le tournage comme l’impose la loi, toujours en vigueur aujourd’hui. André Malraux, en voyage en Chine, ordonnera une pause directement de Pékin…

La ville de Paris, toujours frondeuse, accueillera le tournage avec une pointe d’agacement. Il est vrai que le trafic automobile a été particulièrement perturbé à une époque ou, de plus, le périphérique n’existait pas encore.

Mais le travail de reconstitution est si fidèle, ce tournage si intense que nombre de parisiens qui ont vécu ces moments auront l’impression de revivre la Libération avec des sentiments contrastés car beaucoup d’habitants ont trouvé la mort pendant ces combats.

Tout sera oublié le 24 octobre 1966. Devant 2700 invités triés sur le volet, la première mondiale aura lieu au Palais de Chaillot. Un projecteur anti-aérien d’une portée de 15 kilomètres éclaire alors la nuit parisienne. Elle aura été précédée d’un moment très fort. Une patrouille militaire reprendra l’itinéraire de la 2e DB par la porte d’Orléans. Elle s’arrêtera aux portes de Chaillot, alors qu’au sommet de la Tour Eiffel, Yves Montand entonnera “Le Chant des partisans”.

Quelques jours après sa sortie, le film fera un triomphe et se classera au troisième rang des recettes de l’année en attirant près de 5 millions de spectateurs. Dans la foulée, il fera le tour du monde.

Un tourbillon de chiffres

3 milliards de centimes de budget, ou 6 millions de dollars de l’époque
Soit environ 80 millions d’euros aujourd’hui
400 techniciens
100 chars remis en état de marche
20 000 figurants
150 000 mètres de pellicule
35 millions de munitions
178 lieux de tournage
20 000 antennes de télévision masquées

4 900 000 entrées en France derrière La Grande Vadrouille (17,2 millions d’entrées), Le Docteur Jivago (9 millions d’entrées) et devant Un homme et une femme (4,2 millions d’entrées).

Des bonus exceptionnels

Rarement classique du cinéma aura bénéficié d’une telle richesse de bonus qui réjouiront autant les cinéphiles que les mordus d’histoire. Avec tout d’abord deux témoignages exceptionnels (51 minutes) :

Claude Rich

Avec une foule d’anecdotes et beaucoup de verve, le grand acteur français raconte le tournage, où comment il s’est retrouvé à jouer deux rôles, celui du général Leclerc (pour lequel il sera doublé car sa voix “sonnait” trop jeune) et celui d’un jeune noble vaillant, Monsieur de la Fouchardière. Quelques anecdotes sont très drôles, comme celle où il jouera avec les nerfs des techniciens du son en mimant un texte qu’il a oublié…

Michel Wyn

Ce réalisateur est une figure incontournable du cinéma français grâce à une carrière très riche. Comme beaucoup, il passera tout d’abord par la case d’assistant réalisateur de René Clair pour Porte des Lilas ou d’Henri Verneuil sur Le Président avec Gabin. Il est ensuite promu réalisateur de deuxième équipe sur La Tulipe noire de Christian-Jaque avec Alain Delon, poste qu’il occupera sur le film de René Clément.
À l’aide de nombreuses archives, extraits de scénarios et autres dessins de travail, il montre la genèse de ce tournage hors normes qui sera une charge de travail épuisante pour les équipes tant cette reconstitution est gigantesque. En 1965, pas question d’images de synthèse !
Michel Wyn deviendra ensuite un célèbre réalisateur de télévision signant de grands succès comme Le 16 à Kerbriant.

Un contexte historique remis en lumière par Dominique Lapierre (31 minutes) et Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération de Paris (55 minutes).

Quel a été le rôle de Choltitz, héros malgré lui ou fin stratège ? Quelle a été l’action de Raoul Nordling, bien plus que simple représentant de la Suède dans Paris occupé ? Comment s’est organisé le Conseil National de la Résistance ? Comment est née l’insurrection ? Quelle part a pris la 2e DB dans la Libération ? Clément a-t-il signé un film progaulliste, procommuniste ou pro-américain ?
Voici quelques-unes des questions auxquelles répondent ces deux historiens qui replacent parfaitement le film dans le contexte et les enjeux de la fin de la guerre.
Le film sert à la fois d’illustration et de point de réflexion. Un apport exceptionnel.

Le film dans l’œuvre de René Clément avec l’historienne du cinéma Denitza Bantcheva (38 minutes).

Les relations de René Clément avec la critique ont toujours été compliquées. Vu comme un classique, moqué par certaines pointures de la Nouvelle Vague, cet ancien étudiant en architecture à l’école des Beaux-arts était un artiste complet dont le petit nombre d’œuvres réalisées (seize longs métrages) témoigne d’un soin apporté aux détails de ses créations et éclaire d’un jour nouveau le fait qu’on l’appelait le “réalisateur de la qualité”. Il a signé quelques grands classiques du 7e art français : La Bataille du rail, Jeux interdits, Barrage contre le Pacifique, et surtout Monsieur Ripois ainsi que l’inoubliable Plein soleil. À ses débuts, il avait travaillé avec Jacques Tati (Soigne ton gauche) et Cocteau (La Belle et la Bête).
Architecte de formation, doté d’un sens plastique exceptionnel, René Clément a su conjuguer, dans ce film, les effets de véracité documentaire et des procédés de mise en scène à la fois spectaculaire et très recherchée. C’est ce que montre Denitza Bantcheva en apportant une somme énorme d’informations sur son parcours et toutes les batailles qu’il a menées pour faire de “Paris brûle-t-il ?” une œuvre qui lui ressemble.
La veuve de René Clément a livré ici une foule de documents, d’archives et de photos qui éclairent d’un jour nouveau l’œuvre de son mari et son travail sur “Paris brûle-t-il ?”.

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