{"id":54286,"date":"2020-04-08T08:07:58","date_gmt":"2020-04-08T08:07:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.agglotv.com\/?p=54286"},"modified":"2020-04-08T08:08:01","modified_gmt":"2020-04-08T08:08:01","slug":"apres-un-tres-bon-debut-dannee-quelles-perspectives-pour-le-marche-francais-de-linvestissement-en-immobilier-dentreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.agglotv.com\/?p=54286","title":{"rendered":"Apr\u00e8s un tr\u00e8s bon d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, quelles perspectives pour le march\u00e9 fran\u00e7ais de l\u2019investissement en immobilier d\u2019entreprise ?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.agglotv.com\/wp-content\/up\/knightfrank.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-51966\" src=\"https:\/\/www.agglotv.com\/wp-content\/up\/knightfrank-300x127.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"127\" srcset=\"https:\/\/www.agglotv.com\/wp-content\/up\/knightfrank-300x127.jpg 300w, https:\/\/www.agglotv.com\/wp-content\/up\/knightfrank-768x325.jpg 768w, https:\/\/www.agglotv.com\/wp-content\/up\/knightfrank.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Au d\u00e9but de 2020, l\u2019excellente dynamique du march\u00e9 fran\u00e7ais de l\u2019investissement semblait devoir se prolonger malgr\u00e9 le ralentissement de l\u2019\u00e9conomie et les tensions g\u00e9opolitiques. Apr\u00e8s une ann\u00e9e 2019 record (37,6 milliards d\u2019euros investis), les pr\u00e9visions tablaient ainsi sur des volumes proches des 30 milliards d\u2019euros, toujours largement sup\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne d\u00e9cennale (23,2 milliards). Au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2020, la tendance est d\u2019ailleurs rest\u00e9e tr\u00e8s positive, avec une nette augmentation de 28 % des volumes investis par rapport au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2019. La propagation du coronavirus a toutefois chang\u00e9 la donne. Ainsi, la mise en place de mesures de restrictions s\u00e9v\u00e8res p\u00e8sera n\u00e9cessairement sur l\u2019activit\u00e9 en 2020, m\u00eame s\u2019il sera tr\u00e8s difficile d\u2019estimer l\u2019ampleur du ralentissement tant que nous ne conna\u00eetrons pas la dur\u00e9e de la p\u00e9riode de confinement.\u00a0<strong>Le Covid-19 pourrait aussi avoir des cons\u00e9quences \u00e0 plus long terme, que Knight Frank s\u2019attache \u00e0 analyser dans ce premier point d\u2019\u00e9tape depuis le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire<\/strong>. \u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n<p><strong>1<sup>er<\/sup>&nbsp;trimestre 2020&nbsp;: quelles tendances de march\u00e9 avant le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<strong><em>6,2 milliards d\u2019euros ont \u00e9t\u00e9 investis sur le march\u00e9 fran\u00e7ais de l\u2019immobilier d\u2019entreprise au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2020<\/em><\/strong><em>, soit une hausse de 28 % par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode l\u2019an pass\u00e9 et de 93 % par rapport \u00e0 la moyenne d\u00e9cennale. Il s\u2019agit du\u00a0<strong>troisi\u00e8me meilleur trimestre de l\u2019histoire apr\u00e8s 2006 et 2007<\/strong>\u00a0<\/em>\u00bb annonce Matthieu Garreaud, co-directeur du d\u00e9partement Investissement de KNIGHT FRANK FRANCE. \u00ab\u00a0<em>Ce tr\u00e8s bon r\u00e9sultat prolonge une fin d\u2019ann\u00e9e 2019 exceptionnelle. Ainsi, 15,6 milliards d\u2019euros avaient \u00e9t\u00e9 investis au 4<sup>e<\/sup>\u00a0trimestre, permettant au march\u00e9 fran\u00e7ais de pulv\u00e9riser son record sur l\u2019ensemble de 2019. Les sommes engag\u00e9es au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2020 auraient m\u00eame pu \u00eatre plus \u00e9lev\u00e9es si la mise en place des mesures de restrictions n\u2019avait pas s\u00e9v\u00e8rement frein\u00e9 l\u2019activit\u00e9 d\u00e8s la mi-mars<\/em>\u00a0\u00bb pr\u00e9cise Matthieu Garreaud. Avant le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire, l\u2019activit\u00e9 pr\u00e9sentait peu ou prou les m\u00eames caract\u00e9ristiques que l\u2019an pass\u00e9. Les grandes transactions gardaient notamment un r\u00f4le <a href=\"https:\/\/www.declicmotoculture.com\/joints\/529-set-haut-mot-h-55.html\">moteur<\/a>, avec\u00a0<strong>16 op\u00e9rations sup\u00e9rieures \u00e0 100 millions d\u2019euros totalisant 3,9 milliards d\u2019euros (63 % de l\u2019ensemble des volumes investis)<\/strong>, dont 13 en Ile-de-France. Toutes tranches de montants confondues, ce sont 4,4 milliards d\u2019euros qui ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2020 dans Paris et sa r\u00e9gion, soit une hausse de 41 % sur un an.<br><br><\/p>\n\n\n\n<p>Au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;trimestre 2020, la tendance est \u00e9galement rest\u00e9e tr\u00e8s positive sur le march\u00e9 fran\u00e7ais des bureaux.&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong><em>Avec 4,3 milliards d\u2019euros la progression \u00e9tait de 35 % par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode en 2019 et de 100 % par rapport \u00e0 la moyenne d\u00e9cennale<\/em><\/strong><em>&nbsp;; les grandes transactions jouant l\u00e0 encore un r\u00f4le d\u00e9cisif, avec 13 op\u00e9rations sup\u00e9rieures \u00e0 100 millions d\u2019euros concentrant 64 % de l\u2019ensemble des sommes engag\u00e9es en bureaux<\/em>&nbsp;<em>en France<\/em>&nbsp;\u00bb poursuit Matthieu Garreaud.&nbsp;<strong>Plusieurs de ces grandes op\u00e9rations ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9es dans la capitale<\/strong>, \u00e0 l\u2019exemple des acquisitions du 14 rue Berg\u00e8re par LASALLE INVESTMENT MANAGEMENT et du 50 rue d\u2019Anjou par AVIVA INVESTORS. Toutes tranches de montants confondues, 1,95 milliard d\u2019euros ont \u00e9t\u00e9 investis en bureaux dans Paris intra-muros, soit une forte hausse de 111 % par rapport au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;trimestre 2019. Dans le Croissant Ouest, l\u2019activit\u00e9 a bien r\u00e9sist\u00e9, m\u00eame si 40 % des volumes investis dans ce secteur au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;trimestre 2020 (un milliard d\u2019euros environ) se concentrent sur&nbsp;<strong>une op\u00e9ration majeure&nbsp;: la vente des nouveaux bureaux de Cap Gemini (\u00ab&nbsp;Aquarel&nbsp;\u00bb)<\/strong>, inaugur\u00e9s l\u2019an pass\u00e9 \u00e0 Issy-les-Moulineaux. En 1<sup>\u00e8re<\/sup>&nbsp;Couronne, quelques op\u00e9rations ont \u00e9galement gonfl\u00e9 les volumes comme la cession par GECINA \u00e0 PRIMONIAL REIM du \u00ab&nbsp;Valmy&nbsp;\u00bb \u00e0 Montreuil pour plus de 200 millions d\u2019euros. \u00ab&nbsp;<em>Apr\u00e8s une ann\u00e9e 2019 exceptionnelle \u2013 la 2<sup>e<\/sup>&nbsp;meilleure de l\u2019histoire apr\u00e8s 2007 \u2013 le march\u00e9 de La D\u00e9fense a quant \u00e0 lui marqu\u00e9 une pause. Toutefois, plusieurs grandes op\u00e9rations y \u00e9taient bien avanc\u00e9es avant le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire<\/em>&nbsp;\u00bb indique Matthieu Garreaud. Hors de l\u2019Ile-de-France, c\u2019est \u00e0 Lyon que l\u2019activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 la plus dynamique avec plus de 300 millions d\u2019euros investis en bureaux et quelques belles op\u00e9rations comme l\u2019achat par AVIVA INVESTORS du \u00ab&nbsp;Lugdunum&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avec 1,3 milliard d\u2019euros engag\u00e9s depuis janvier, le march\u00e9 de l\u2019immobilier industriel a \u00e9galement d\u00e9but\u00e9 2020 sur d\u2019excellentes bases apr\u00e8s avoir \u00e9tabli un nouveau record en 2019.\u00a0<strong>Ce volume, en forte hausse de 68 % par rapport au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2019, compte pour 22\u00a0% de l\u2019ensemble des sommes investies en France<\/strong>, tous types d\u2019actifs confondus. Il est en outre tr\u00e8s majoritairement constitu\u00e9 de transactions d\u2019actifs logistiques, majoritairement c\u00e9d\u00e9s sous forme de portefeuilles (cession du portefeuille \u00ab\u00a0Hub &amp; Flow\u00a0\u00bb \u00e0 IVANHOE CAMBRIDGE, acquisition par PATRIZIA d\u2019un portefeuille paneurop\u00e9en, etc.). L\u2019engouement des investisseurs pour la logistique se traduit \u00e9galement par une prise de risque accrue, \u00e0 l\u2019image de l\u2019acquisition par INVESCO de deux entrep\u00f4ts \u00e0 lancer en blanc pr\u00e8s d\u2019Orl\u00e9ans et de Reims.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Apr\u00e8s une bonne ann\u00e9e 2019, le march\u00e9 des commerces a quant \u00e0 lui connu un d\u00e9marrage plus timide,&nbsp;<strong>cette classe d\u2019actif affichant un net recul de 33 % sur un an<\/strong><\/em><strong>&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/strong>annonce Antoine Grignon, co-directeur du d\u00e9partement Investissement de KNIGHT FRANK FRANCE. En outre, ce volume a \u00e9t\u00e9 largement gonfl\u00e9 par l\u2019acquisition par MATA CAPITAL d\u2019un actif atypique, le \u00ab&nbsp;CIFA Fashion Business Center&nbsp;\u00bb d\u2019Aubervilliers, plus grand centre europ\u00e9en de grossistes du pr\u00eat-\u00e0-porter. D\u2019autres op\u00e9rations significatives ont soutenu l\u2019activit\u00e9, \u00e0 l\u2019image de la cession \u00e0 ASCENCIO de cinq supermarch\u00e9s CASINO pour 85 millions d\u2019euros, ou de l\u2019achat par un priv\u00e9 du 56 avenue Montaigne, actif mixte comprenant deux boutiques de luxe. \u00ab&nbsp;<em>Cette derni\u00e8re op\u00e9ration a repr\u00e9sent\u00e9 45 % des volumes investis en rues commer\u00e7antes, en baisse de 11 % sur un an<\/em>&nbsp;\u00bb poursuit Antoine Grignon. Enfin, le march\u00e9 des centres commerciaux est rest\u00e9 quasiment atone au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;trimestre 2020, m\u00eame si le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par un \u00e9v\u00e8nement majeur : la formation d\u2019un consortium entre CREDIT AGRICOLE ASSURANCES et LA FRAN\u00c7AISE en vue de l\u2019acquisition de parts dans une joint-venture portant sur cinq centres commerciaux appartenant \u00e0 UNIBAIL-RODAMCO-WESTFIELD&nbsp;; une op\u00e9ration dont la finalisation a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e pour le 2e trimestre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Covid-19&nbsp;: quelles cons\u00e9quences pour le march\u00e9 fran\u00e7ais de l\u2019investissement&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avant le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire, les investisseurs \u00e9trangers contribuaient directement \u00e0 l\u2019excellente dynamique du march\u00e9 fran\u00e7ais<\/strong>. En 2019, ils avaient ainsi repr\u00e9sent\u00e9 44 % des sommes engag\u00e9es dans l\u2019Hexagone, une part port\u00e9e \u00e0 58 % au 1<sup>er<\/sup>&nbsp;trimestre 2020. \u00ab&nbsp;<em>La pr\u00e9sence des investisseurs \u00e9trangers sera-t-elle toujours aussi importante au cours des prochains mois&nbsp;? Les premiers signaux sont plut\u00f4t positifs.&nbsp;Certains finalisent les op\u00e9rations initi\u00e9es avant le d\u00e9but de la crise sanitaire. Les autres pensent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019apr\u00e8s, m\u00eame si l\u2019attentisme pr\u00e9vaudra tant que les conditions de march\u00e9<\/em>&nbsp;<em>resteront incertaines&nbsp;<\/em>\u00bb avance Antoine Grignon. Les investisseurs fran\u00e7ais seront tout aussi prudents, ce qui p\u00e8sera forc\u00e9ment sur le niveau des volumes investis en 2020. D\u2019autres contraintes, plus \u00ab&nbsp;pratiques&nbsp;\u00bb, limiteront \u00e9galement l\u2019activit\u00e9 (impossibilit\u00e9 de visiter des biens, ralentissement des proc\u00e9dures d\u2019urbanisme, etc.) m\u00eame si les progr\u00e8s de la technologie (r\u00e9unions \u00e0 distance, signature \u00e9lectronique, num\u00e9risation des actes de vente) permettent en partie de contourner les mesures de distanciation sociale. D\u2019ailleurs, l\u2019activit\u00e9 transactionnelle ne s\u2019est pas tout \u00e0 fait arr\u00eat\u00e9e avec la crise sanitaire. \u00ab&nbsp;<em>Plusieurs transactions ont \u00e9t\u00e9 act\u00e9es depuis la mi-mars. D\u2019autres, suffisamment avanc\u00e9es, seront finalis\u00e9es au 2<sup>e<\/sup>&nbsp;trimestre. Le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;semestre devrait n\u00e9anmoins \u00eatre le plus faible des derni\u00e8res ann\u00e9es.<strong>&nbsp;Rappelons que les volumes investis sur un 1<sup>er<\/sup>&nbsp;semestre ont atteint en moyenne 10,3 milliards lors des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 comparer aux 6,2&nbsp;milliards engag\u00e9s depuis le d\u00e9but de 2020&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/strong><\/em>poursuit Antoine Grignon.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ampleur\u00a0des pr\u00e9c\u00e9dents chocs peut malgr\u00e9 tout donner une indication.<\/strong>\u00a0Si le krach boursier de 2001-2002 s\u2019est traduit par un recul assez limit\u00e9 des sommes engag\u00e9es en France (- 20 % entre 2001 et 2003),\u00a0<strong>il en fut tout autrement de la crise financi\u00e8re de 2008 avec des volumes divis\u00e9s par quatre en deux ans\u00a0<\/strong>(de 28,5 milliards en 2007 \u00e0 7,1 milliards en 2009). La chute fut d\u2019autant plus lourde que l\u2019activit\u00e9 avait, avant cela, \u00e9tabli un nouveau record historique apr\u00e8s quatre ann\u00e9es de hausse cons\u00e9cutive. La crise du Covid-19 intervient \u00e9galement \u00e0 un point haut\u00a0: depuis 2013, les sommes engag\u00e9es n\u2019ont en effet cess\u00e9 d\u2019augmenter, progressant de 141 % pour atteindre 37,6 milliards en 2019.\u00a0<strong>Peut-on pour autant en tirer des enseignements pour l\u2019avenir\u00a0?<\/strong>\u00a0Rien n\u2019est moins s\u00fbr.\u00a0D\u2019abord, parce que la situation restera tr\u00e8s floue tant que nous ne mesurerons pas plus pr\u00e9cis\u00e9ment les cons\u00e9quences du Covid-19 sur l\u2019\u00e9conomie mondiale et sur les march\u00e9s locatifs\u00a0; ensuite parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une crise sanitaire\u00a0et non d\u2019une crise financi\u00e8re. De fait, les efforts men\u00e9s depuis la fin des ann\u00e9es 2000 ont permis de renforcer le syst\u00e8me financier international, ce qui, avec les mesures de soutien immenses et in\u00e9dites annonc\u00e9es par les Etats et les banques centrales, pourrait permettre d\u2019amortir le choc li\u00e9 \u00e0 la pand\u00e9mie. \u00a0<br><br>Plusieurs questions se posent n\u00e9anmoins. Le ministre de l\u2019Economie et des Finances ayant r\u00e9cemment exhort\u00e9 les acteurs de l\u2019\u00e9conomie, et notamment les banques, \u00e0 \u00ab\u00a0<em>jouer le jeu de la solidarit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb en participant \u00e0 la sauvegarde des entreprises et de l\u2019emploi,\u00a0<strong>ce red\u00e9ploiement du syst\u00e8me bancaire en faveur de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle\u00a0\u00bb pourrait-il limiter les sommes allou\u00e9es au financement de l\u2019immobilier d\u2019entreprise\u00a0? La collecte devra \u00e9galement \u00eatre scrut\u00e9e avec attention, alors que certains Fran\u00e7ais verront tr\u00e8s probablement leur capacit\u00e9 d\u2019\u00e9pargne rogn\u00e9e par le ralentissement de l\u2019\u00e9conomie<\/strong>. \u00ab\u00a0<em>En 2019, la collecte avait atteint des sommets avec une hausse de 20 % sur un an pour l\u2019assurance-vie et un bond de 57 % sur un an pour les SCPI\/OPCI. Ces derni\u00e8res avaient d\u2019ailleurs accru leurs investissements sur le march\u00e9 immobilier fran\u00e7ais, avec une part de 24 % des sommes engag\u00e9es dans l\u2019Hexagone (19 % en 2018) redescendue toutefois \u00e0 11 % depuis le d\u00e9but de 2020<\/em>\u00a0\u00bb pr\u00e9cise Matthieu Garreaud. Le chiffre de la collecte des SCPI\/OPCI au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2020 n\u2019est pas encore connu. Celui de l\u2019assurance-vie donne en revanche une premi\u00e8re tendance avec un recul de 58 % sur un an \u00e0 la fin du mois de f\u00e9vrier. Li\u00e9e \u00e0 la baisse des taux, cette chute pourrait-elle s\u2019amplifier avec la crise sanitaire\u00a0? Qu\u2019en sera-t-il des SCPI\/OPCI, dont l\u2019attrait pourrait \u00eatre amoindri par la\u00a0<strong>forte incertitude pesant sur l\u2019\u00e9conomie et les performances de l\u2019immobilier\u00a0?<br><br><\/strong>L\u2019immobilier devrait malgr\u00e9 tout garder une bonne place dans les strat\u00e9gies de placement des investisseurs.\u00a0<strong>Le march\u00e9 fran\u00e7ais aborde en effet cette crise avec de meilleurs fondamentaux que lors des pr\u00e9c\u00e9dents chocs<\/strong>. Le spread, qui avantageait nettement le compartiment immobilier avant le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire (\u00e9cart de 275 pdb avec l\u2019OAT 10 ans au d\u00e9but de 2020 contre 215 pdb en 2008) devrait ainsi rester positif du fait des mesures de soutien prises par l\u2019Etat et la BCE. Les march\u00e9s actions sont quant \u00e0 eux tr\u00e8s chahut\u00e9s. Par ailleurs, la bonne sant\u00e9 des march\u00e9s locatifs, avec des taux de vacance historiquement bas et des valeurs au plus haut dans certains p\u00f4les tertiaires, laisse esp\u00e9rer un moindre choc. \u00ab\u00a0<strong><em>Les investisseurs jugeront les diff\u00e9rents segments de march\u00e9 \u00e0 l\u2019aune de leur capacit\u00e9 de r\u00e9sistance. Ils privil\u00e9gieront par cons\u00e9quent les actifs core afin de s\u00e9curiser leurs flux locatifs dans un contexte de hausse des d\u00e9faillances d\u2019entreprises et de remont\u00e9e des taux de vacance<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong>pr\u00e9voit Matthieu Garreaud. Ceci ne ferait qu\u2019accentuer une tendance d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre avant le d\u00e9clenchement de la crise sanitaire, puisque les acquisitions d\u2019actifs\u00a0<em>core<\/em>\u00a0concentraient pr\u00e8s des deux tiers des volumes investis en bureaux en Ile-de-France en 2019 et m\u00eame 75 % au 1<sup>er<\/sup>\u00a0trimestre 2020.\u00a0Cette polarisation accrue du march\u00e9 en faveur des biens\u00a0<em>core<\/em>\u00a0pourrait att\u00e9nuer la remont\u00e9e des taux de rendement\u00a0<em>prime<\/em>.\u00a0Avant la crise du Covid-19 ces derniers atteignaient un niveau historiquement bas, s\u2019\u00e9tablissant \u00e0 2,75 % pour les meilleurs actifs de bureaux du QCA soit 100 points de base en-dessous du niveau enregistr\u00e9 avant la crise financi\u00e8re de 2008.\u00a0<strong>La crise sanitaire devrait en revanche mettre un terme au mouvement de compression des taux de rendement d\u2019actifs secondaires ou \u00e0 revaloriser, r\u00e9tablissant ainsi une prime de risque qui avait eu tendance ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 se diluer<\/strong>. L\u2019engouement des investisseurs pour la logistique, dont le r\u00f4le strat\u00e9gique est si \u00e9vident depuis le d\u00e9but de la p\u00e9riode de confinement, devrait en outre se renforcer, alors que d\u2019autres types d\u2019actifs, directement et lourdement impact\u00e9s par la crise sanitaire (commerces, h\u00f4tellerie, etc.) feront l\u2019objet d\u2019une plus grande s\u00e9lectivit\u00e9. Mais les transformations seront sans doute plus profondes. \u00ab\u00a0<em>Avant le Covid-19, plusieurs \u00e9pid\u00e9mies avaient d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 le d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, comme le SRAS, la grippe H1N1 ou Ebola, et l\u2019on sait d\u00e9sormais que d\u2019autres fl\u00e9aux pourraient appara\u00eetre dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Ceci conduira les investisseurs et l\u2019ensemble de l\u2019industrie immobili\u00e8re \u00e0 mieux appr\u00e9hender le risque sanitaire. Dans le domaine des bureaux, il s\u2019agira par exemple de faire \u00e9voluer les immeubles et les espaces de travail pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des collaborateurs en cas de nouveau choc.\u00a0<strong>La crise du Covid-19 pourrait \u00e9galement inciter les investisseurs \u00e0 mieux int\u00e9grer dans leur strat\u00e9gie d\u2019allocation d\u2019autres types de risques qui, comme le changement climatique, pourraient \u00eatre source de bouleversements\u00a0majeurs<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb conclut Antoine Grignon.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au d\u00e9but de 2020, l\u2019excellente dynamique du march\u00e9 fran\u00e7ais de l\u2019investissement semblait devoir se prolonger malgr\u00e9 le ralentissement de l\u2019\u00e9conomie et les tensions g\u00e9opolitiques. Apr\u00e8s une ann\u00e9e 2019 record (37,6 milliards d\u2019euros investis), les pr\u00e9visions tablaient ainsi sur des volumes proches des 30 milliards d\u2019euros, toujours largement sup\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne d\u00e9cennale (23,2 milliards). Au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54286"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=54286"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54286\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54287,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/54286\/revisions\/54287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=54286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=54286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=54286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}