{"id":5303,"date":"2010-08-06T06:55:01","date_gmt":"2010-08-06T06:55:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.agglotv.com\/?p=5303"},"modified":"2010-08-06T06:55:01","modified_gmt":"2010-08-06T06:55:01","slug":"le-diable-au-corps-le-chef-doeuvre-de-claude-autant-lara-enfin-en-dvd","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.agglotv.com\/?p=5303","title":{"rendered":"LE DIABLE AU CORPS. Le chef d&rsquo;oeuvre de Claude Autant-Lara enfin en DVD."},"content":{"rendered":"<div class=\"alignleft\"><script type=\"text\/javascript\"><!--\ngoogle_ad_client = \"pub-2913804460579993\";\n\/* 250x250, date de cr\u00e9ation 28\/04\/10 *\/\ngoogle_ad_slot = \"1337509044\";\ngoogle_ad_width = 250;\ngoogle_ad_height = 250;\n\/\/-->\n<\/script><br \/>\n<script type=\"text\/javascript\"\nsrc=\"http:\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/show_ads.js\">\n<\/script><\/div>\n<p><strong>\u00ab <em>On aime les personnages, on aime qu\u2019ils s\u2019aiment, on d\u00e9teste avec eux la guerre et l\u2019acharnement public contre le bonheur. <\/em>\u00bb   Jean Cocteau<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab N\u2019AB\u00ceME PAS NOTRE PREMIER JOUR DE BONHEUR\u2026 IL FAIT SI BEAU. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ils se rencontrent durant \u201cl\u2019Autre Guerre\u201d, celle qui allait d\u00e9cimer une jeunesse qui ne savait pas auparavant ce qu\u2019\u00e9tait la mort \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Elle s\u2019appelle Marthe. Il se pr\u00e9nomme Fran\u00e7ois. Le premier regard les lie \u00e0 jamais. Ils sont jeunes. Ils sont beaux. Mais l\u2019insouciance ne fait plus partie de leur vie sauf quand ils sont ensemble, quand ils s\u2019aiment. Dans ces moments, toutes contraintes, toutes formes d\u2019autorit\u00e9 n\u2019ont plus loi. Mais l\u2019ombre guette, la guerre est proche, elle est mari\u00e9e, il est mineur, leur d\u00e9sinvolture provoque l\u2019opprobre. Leur amour est tellement fort qu\u2019il en devient scandaleux. Survivront-ils au bonheur ?<\/p>\n<p><strong>RAYMOND RADIGUET, UNE \u00c9TOILE FILANTE, UN TALENT HORS NORME<\/strong><\/p>\n<p>En 1923 paraissait le premier roman d\u2019un jeune prodige qui n\u2019avait que 17 ans lorsqu\u2019il l\u2019\u00e9crivit : Le Diable au corps. Moqu\u00e9 par la critique avant m\u00eame sa publication s\u2019attendant aux larmoiements d\u2019un adolescent, le livre rencontrait le succ\u00e8s autant par ses qualit\u00e9s intrins\u00e8ques que par le scandale qu\u2019il provoquait : les amours adult\u00e8res et immorales pour la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9poque d\u2019un adolescent et de la jeune \u00e9pouse d\u2019un poilu.<!--more--> Comment un roman pouvait-il faire l\u2019apologie d\u2019une jeunesse qui d\u00e9daignait \u00e0 ce point la guerre, ses hommes, et soutenir la relation inqualifiable pour tout bien-pensant d\u2019une femme, presque majeure \u2013 elle n\u2019a que 20 ans \u2013 avec un mineur ? <\/p>\n<p>Si le jeune \u00e9crivain nia toujours que son roman \u00e9tait autobiographique, il v\u00e9cut \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans une histoire similaire avec une jeune voisine de ses parents, dont le mari \u00e9tait sur le front de cette \u201cdr\u00f4le de guerre\u201d, \u00e9crivant m\u00eame dans Les Nouvelles Litt\u00e9raires lors de sa sortie : \u00ab Ce petit roman d\u2019amour n\u2019est pas une confession, et surtout au moment o\u00f9 il semble davantage en \u00eatre une. C\u2019est un travers trop humain de ne croire qu\u2019\u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 de celui qui s\u2019accuse ; or, le roman exigeant un relief qui se trouve rarement dans la vie, il est naturel que ce soit justement une fausse autobiographie qui semble la plus vraie. \u00bb N\u2019est-ce pas l\u00e0 la force de ce roman dont l\u2019auteur poss\u00e8de un recul et une lucidit\u00e9 parfaite sur la puissance \u00e9vocatrice qui en fera la qualit\u00e9 et le succ\u00e8s ?<\/p>\n<p>Aussi, \u00e0 la publication du roman, le jeune homme re\u00e7ut-il le soutien de ses pairs dont Paul Val\u00e9ry et surtout Jean Cocteau qui avait su voir avant tous le talent du gar\u00e7on et dont il avait suivi tout le processus d\u2019\u00e9criture. Jeune homme au destin fulgurant, il d\u00e9c\u00e9dait l\u2019ann\u00e9e de la publication de ce premier roman \u00e0 tout juste 20 ans de la fi\u00e8vre typho\u00efde. <\/p>\n<p><strong>LES ANN\u00c9ES PASSENT, LE SCANDALE SUBSISTE<\/strong><\/p>\n<p>Le film, bien que r\u00e9alis\u00e9 plus de 20 ans apr\u00e8s la publication du roman, fait les frais des m\u00eames r\u00e9actions voire plus. Lors de sa premi\u00e8re projection lors du Festival International du Film de Bruxelles, l\u2019ambassadeur de France quitta la salle, le chansonnier, tr\u00e8s connu \u00e0 l\u2019\u00e9poque, No\u00ebl-No\u00ebl jeta \u00e0 la face d\u2019Autant-Lara un \u00ab Quelle honte ! \u00bb  avant de se retirer, et de nombreux journalistes insist\u00e8rent pour que le film soit retir\u00e9 de l\u2019affiche. Le film aurait pu craindre le pire, pourtant la censure de l\u2019\u00e9poque ne demanda qu\u2019une interdiction aux moins de 16 ans et obligea \u00e0 ce que le film soit pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019un \u00e9difiant carton : \u00ab Les personnages qui animent cette \u0153uvre cin\u00e9matographique de leur imp\u00e9tueuse et parfois cynique jeunesse expriment les sentiments de quelques jeunes dont les esprits se trouv\u00e8rent emport\u00e9s dans le bouleversement qui de 1914 \u00e0 1918 \u00e9branla le Monde. \u00bb En quelques mots, la censure soulignait elle-m\u00eame quelques-uns des \u00e9l\u00e9ments qui font la force du film d\u2019Autant-Lara, cette volont\u00e9 d\u2019\u00e9mancipation, cette soif de libert\u00e9, et cet \u00e9lan de la jeunesse pour se lib\u00e9rer de ces entraves. Il est \u00e0 noter d\u2019ailleurs que bien que le r\u00e9alisateur magnifie la relation des deux amants dans sa mise en sc\u00e8ne, ce n\u2019est pas sans renforcer le propos quant \u00e0 l\u2019ineptie de cette guerre dont les participants ignoraient le destin qui les attendait partant avec leur innocence au bout du fusil, un \u00e9l\u00e9ment d\u2019autant plus sulfureux au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Vingt ans avant la nouvelle vague et 68, l\u2019histoire des deux jeunes amants marquait avec un modernisme grandiose les pr\u00e9mices d\u2019une jeunesse en r\u00e9bellion, en qu\u00eate de libert\u00e9 !<\/p>\n<p><strong>MICHELINE PRESLE ET G\u00c9RARD PHILIPE, DEUX DIAMANTS DANS UN \u00c9CRIN<\/strong><\/p>\n<p>La parfaite harmonie du jeu des deux jeunes acteurs, leur modernisme, leur beaut\u00e9 \u00e9poustouflante brillent sur chaque image du film de Claude Autant-Lara.<\/p>\n<p>Micheline Presle, totalement investie dans ce film, est \u00e0 l\u2019origine du choix du r\u00e9alisateur et du jeune acteur. Actrice star au sortir de la Seconde Guerre mondiale, son succ\u00e8s dans le tout r\u00e9cent chef-d\u2019\u0153uvre de Christian-Jaque, Boule de suif, lui permet de choisir ses prochains projets. Le Diable au corps  en fait partie et elle se bat pour que G\u00e9rard Philipe et Claude Autant-Lara soient au g\u00e9n\u00e9rique du film. Elle embrasse le r\u00f4le de Marthe avec une force et une justesse toutes naturelles, trouvant une r\u00e9sonance particuli\u00e8re, \u00e0 l\u2019unisson, face au jeu du jeune acteur. Son personnage, plus <a href=\"http:\/\/www.centreservices.fr\/\">femme<\/a> qu\u2019enfant, touch\u00e9 de plein fouet par la confusion des sentiments mais aussi par la violence de cette guerre que seul l\u2019amour semble permettre d\u2019oublier, est un bijou d\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>G\u00e9rard Philipe n\u2019est pas encore le Julien Sorel du Rouge et le noir, ni le jeune Faust de La Beaut\u00e9 du diable et encore moins le c\u00e9l\u00e8bre Fanfan la tulipe quand il choisit d\u2019interpr\u00e9ter le r\u00f4le de Fran\u00e7ois dans Le Diable au corps mais toute la force de son talent, son charisme, sa mani\u00e8re de capter la lumi\u00e8re et de transcender l\u2019image se retrouvent d\u00e9j\u00e0 dans ce r\u00f4le. Il a \u00e0 peine 24 ans quand il accepte la proposition de Claude Autant-Lara. Apr\u00e8s avoir h\u00e9sit\u00e9, se trouvant trop vieux pour jouer Fran\u00e7ois, il accepte le r\u00f4le comme un d\u00e9fi, le r\u00e9alisateur ayant argument\u00e9 aupr\u00e8s de lui que \u00ab la jeunesse se joue \u00bb aussi. C\u2019est une v\u00e9ritable le\u00e7on que d\u2019observer le jeune acteur composer cet adolescent tour \u00e0 tour enfant et homme, enjou\u00e9 et \u00e9teint, passionn\u00e9 et raisonn\u00e9, exprimant toutes les \u00e9motions de ce moment de l\u2019adolescence o\u00f9 plus rien n\u2019est contr\u00f4l\u00e9 et encore plus sous le joug de l\u2019amour.<\/p>\n<p><strong>UN TRIO D\u2019ORF\u00c8VRES, CLAUDE AUTANT-LARA, JEAN AURENCHE ET PIERRE BOST <\/strong><\/p>\n<p>Jean Aurenche et Pierre Bost, respectivement sc\u00e9nariste et dialoguiste, sont \u00e0 eux deux les auteurs de quelques-uns des plus grands chefs-d\u2019\u0153uvre du patrimoine cin\u00e9matographique fran\u00e7ais, voire du cin\u00e9ma mondial. De Jeux interdits \u00e0 Gervaise, du Rouge et le noir \u00e0 Paris br\u00fble-t-il ? ou de L\u2019Horloger de Saint-Paul au Diable au Corps, on retrouve cette incroyable ma\u00eetrise leur permettant d\u2019aller au-del\u00e0 des mots. Ils insufflent aux romans qu\u2019ils adaptent et aux sc\u00e9narios dont ils sont \u00e0 l\u2019origine, un regard sans concession sur les travers de la soci\u00e9t\u00e9 qui les entoure, ce qui permet m\u00eame d\u2019observer avec subtilit\u00e9 dans ces sc\u00e9narios l\u2019essence de leur \u00e9poque, leur conf\u00e9rant une rare modernit\u00e9.<\/p>\n<p>Claude Autant-Lara, r\u00e9alisateur minutieux et engag\u00e9, homme en col\u00e8re contre le monde, dont les films sont autant de p\u00e9pites cinglantes, souligne avec cynisme, acuit\u00e9 et gravit\u00e9 les contraintes d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019il honnit. C\u2019est avec Douce en 1943 que cette vindicte prend ses sources, premi\u00e8re association avec Aurenche et Bost, son humour noir point et na\u00eet une collaboration qui produira quelques chefs-d\u2019\u0153uvre tels Le Rouge et le noir, La Travers\u00e9e de Paris, Tu ne tueras point. <\/p>\n<p>Le Diable au corps consacre cette r\u00e9union de talents auxquels s\u2019ajoute l\u2019interpr\u00e9tation sans faille de Micheline Presle et G\u00e9rard Philipe. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, lors du tr\u00e8s couru Festival International du Film de Bruxelles, le film, \u00e0 d\u00e9faut de repartir avec le Grand Prix du Jury car trop scandaleux, remporte le Prix de la critique, elle-m\u00eame divis\u00e9e, tandis que G\u00e9rard Philipe gagne le prix d\u2019interpr\u00e9tation lors d\u2019un festival qui a tout juste un an, et deviendra incontournable : le Festival de Cannes.<\/p>\n<p><strong>Le Diable au corps<\/strong><br \/>\nDate de sortie : le 8 septembre 2010<br \/>\nPrix : 14,99 \u20ac TTC*<br \/>\n*Prix de vente conseill\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Bonus :<\/strong><br \/>\n2 documentaires in\u00e9dits r\u00e9alis\u00e9s pour l\u2019\u00e9dition DVD<br \/>\n&#8211;       La Victoire en grin\u00e7ant : Autant-Lara fait sa r\u00e9volution<br \/>\n&#8211;       Le Diable au corps censur\u00e9<br \/>\nAvec la participation exceptionnelle de Micheline Presle.<br \/>\nEt les t\u00e9moignages de G\u00e9rard Bonal, auteur de \u201cG\u00e9rard Philipe\u201d (Ed. Seuil), No\u00ebl Herpe, historien du cin\u00e9ma, et Eric Le Roy, des Archives Fran\u00e7aises du Film.<\/p>\n<p><strong>Relations M\u00e9dias PARAMOUNT HOME ENTERTAINMENT :<\/strong><br \/>\nFHCOM<br \/>\n42, rue des Je\u00fbneurs &#8211; 75002 Paris<br \/>\nT\u00e9l. : 01 55 34 24 24 \/ Fax : 01 55 34 24 25<br \/>\nagence@fhcom.net \/ <a href=\"http:\/\/www.fhcom.net\">www.fhcom.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab On aime les personnages, on aime qu\u2019ils s\u2019aiment, on d\u00e9teste avec eux la guerre et l\u2019acharnement public contre le bonheur. \u00bb Jean Cocteau \u00ab N\u2019AB\u00ceME PAS NOTRE PREMIER JOUR DE BONHEUR\u2026 IL FAIT SI BEAU. \u00bb Ils se rencontrent durant \u201cl\u2019Autre Guerre\u201d, celle qui allait d\u00e9cimer une jeunesse qui ne savait pas auparavant ce [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[],"amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5303"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5303"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5303\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5304,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5303\/revisions\/5304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.agglotv.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}